La pollution sonore : Quel impact sur la biodiversité?

Publié le 1 août 2021

***La biodiversité désigne l’ensemble des êtres vivants ainsi que les écosystèmes dans lesquels ils vivent.

***Pollution vient du latin polluere (luo, « baigner », avec le préfixe por-) qui signifie « souiller en mouillant », « salir » et surtout « profaner »1

La pollution sonore quant à elle, désigne la destruction ou la dégradation d’un milieu par des phénomènes acoustiques (ou bruits).

I-Quelles sont les sources de la pollution sonore?

Les nuisances sonores subies peuvent résulter de trois sources principales :

  • Les transports, (Voitures, trains, avions, circulation…)
  • Le voisinage, Les bruits de voisinage regroupent les bruits liés aux comportements (disputes, pétards, travaux de bricolage, bruits d’animaux, bruits des hommes, etc…), Dans les textes réglementaires, la notion de bruit de voisinage dépasse la signification courante se limitant aux bruits produits par les voisins et englobe les bruits de comportement, les bruits provenant des activités professionnelles non classées pour la protection de l’environnement, les activités de loisirs dont le fonctionnement normal est peu bruyant et les bruits provenant des chantiers.2
  • Les activités. Les bruits de chantiers, les bruits d’activités sportives ou culturelles (terrains de sport, circuits de course, kermesses, etc.) et enfin les bruits provenant d’entreprises non classées pour l’environnement (livraisons, restaurants, ateliers d’artisans, etc.)3 

II-Quel est son impact sur la flore ? Sur la faune ? Sur l’être humain ?

  • Les effets de la pollution sur la faune : Communication, survie et reproduction perturbées

Une étude américaine publiée dans la revue Science en 2017 (https://science.sciencemag.org/content/356/6337/531) s’est intéressée aux bruits liés à la circulation, à l’urbanisation intensive et aux activités industrielles. Ces travaux ont montré que la pollution sonore nuit en premier lieu aux animaux. Ces nuisances sonores réduisent de 50 à 90% les lieux où les sons de l’environnement naturel peuvent être entendus. Résultat, cette pollution sonore couvre significativement les communications des espèces animales. Certains animaux vivant dans des zones protégées proches des centres urbains ne peuvent plus entendre arriver leurs prédateurs. La pollution sonore nuit donc à la capacité de survie des animaux. Mais ce n’est pas tout, les sons de la nature permettent également aux animaux de se diriger, de trouver de la nourriture, de défendre leur territoire et d’attirer un partenaire pour se reproduire. « En modifiant le comportement ou la répartition des espèces-clés, des écosystèmes entiers peuvent être affectés par le bruit« , explique Raphel Buxton, auteure de l’étude.4

  • Les impacts sur la flore : Dispersion des végétaux et pollinisation perturbée

La pollution sonore réduit considérablement le nombre de jeunes pousses de certaines plantes. Des travaux publiés dans la revue Proceedings of the Royal Society B (https://royalsocietypublishing.org/doi/10.1098/rspb.2020.2906) ont constaté une réduction de 75% de jeunes pousses de pins à pignon (une espèce d’arbres conifères) dans les zones bruyantes par rapport aux zones plus calmes. Cela s’explique par la fuite d’oiseaux censés disperser les graines de ces arbres, les geais. Ces derniers, gênés par le bruit, ont préféré fuir ces zones. Les auteurs de l’étude font d’ailleurs remarquer que ces oiseaux ne sont pas revenus sur ces zones même une fois redevenues silencieuses. Ils ont donc observé un déclin à long terme du nombre de nouvelles pousses.5

  • Les effets sur l’homme : Maladies et pertes d’années de vie

Selon une étude publiée par l’OMS en 2011, les nuisances sonores sont à l’origine, en Europe Occidentale et chaque année, de maladies à l’origine d’une perte en années de vie estimée à près de 1 700 000, dont :

  • 61 000 années en raison de maladies cardiovasculaires.
  • 45 000 années dues à des troubles cognitifs (détérioration de la mémoire, des facultés mentales, etc.).
  • 903 000 années de vie en raison des perturbations du sommeil.
  • 22 000 années de vie en raison d’acouphènes.
  • 654 000 années de vie en raison des divers désagréments provoqués par ce bruit.6

III-Quelles sont les alternatives pour réduire l’impact de la pollution sonore sur l’environnement ?

Différentes mesures peuvent permettre de limiter l’impact de la pollution sonore, notamment aux alentours des aires protégées :

  • L’utilisation de véhicules moins bruyants dans les aires protégées.
  • La mise en place de voies de circulation dans des couloirs de bruit.
  • La limitation du trafic et du pourcentage de véhicules lourds.
  • L’abaissement de la vitesse automobile autorisée.
  • L’interdiction de circulation dans certaines plages horaires.7

S’agissant des individus/ personnes humaines, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande un niveau de bruit ambiant inférieur à 35 décibels, pour un repos nocturne convenable.

En outre, Isolation acoustique, portes blindées à hautes performances acoustiques, VIR (vitrage à isolation renforcée) sont autant de solutions possibles pour réduire la pollution sonore.

1-https://fr.wikipedia.org/wiki/Pollution

2-https://www.ecologie.gouv.fr/bruit-nuisances-sonores-et-pollution-sonore

3-http://risquesenvironnementaux-collectivites.oree.org/le-guide/risques-mon-territoire/sante-environnement/pollution-sonore.html

4-https://tendances.orange.fr/ecologie-et-environnement/agir/article-pollution-sonore-quels-impacts-sur-l-environnement-CNT000001AMtyy.html

5-https://tendances.orange.fr/ecologie-et-environnement/agir/article-pollution-sonore-quels-impacts-sur-l-environnement-CNT000001AMtyy.html

6-http://risquesenvironnementaux-collectivites.oree.org/le-guide/risques-mon-territoire/sante-environnement/pollution-sonore.html

7-https://tendances.orange.fr/ecologie-et-environnement/agir/article-pollution-sonore-quels-impacts-sur-l-environnement-CNT000001AMtyy.html

SABINE NDZENGUE AMOA