ÉTIQUETAGE ENVIRONNEMENTAL : LE SCORE CARBONE PARVIENDRA-T-IL A ATTÉNUER LA POLLUTION LIÉE AU TEXTILE EN FRANCE ?


L’Assemblée nationale a voté le mercredi 31 Mars 2021 en faveur d’un étiquetage environnemental sur les produits : un « score carbone » mis en place en « priorité » dans le secteur de l’habillement, sous forme d’expérimentation, en vue d’une obligation.

Après le nutri-score dans l’alimentaire, le score-carbone sera bientôt introduit dans le secteur de l’habillement afin de protéger l’environnement en France.

L’impact environnemental de chaque vêtement sera affiché sur les étiquettes afin de protéger l’environnement en France.

I-Que désigne le score Carbone ?

II-Quel est l’objectif du score carbone ?

A-INCITER LES MARQUES A TRAVAILLER AVEC DES PAYS VERTUEUX -CEUX QUI FONT DANS L’INDUSTRIE DU TEXTILE ÉCOLOGIQUE.

B-INFORMER LES CONSOMMATEURS DE L’IMPACT DU TEXTILE SUR LA PLANÈTE

III-Y-a-t-il matière à espérer pour la protection de l’environnement et les changements climatiques via le score carbone ?

I – Que désigne le score Carbone ?

Il s’agit d’un étiquetage environnemental sur les vêtements.

L’équivalent du nutri-score dans l’alimentaire.

Le nutri-score est un système d’étiquetage nutritionnel à cinq niveaux, allant de A à E et du vert au rouge, établi en fonction de la valeur nutritionnelle d’un produit alimentaire. Il a pour but de favoriser le choix de produits plus sains par les consommateurs. En 2020, la réglementation de l’union européenne concernant l’étiquetage nutritionnel datant de 2011 ne permet à un État que de recommander un type d’étiquetage graphique sans pouvoir l’imposer[1].

Tout comme le nutri-score, le score carbone est un étiquetage à cinq niveaux ; allant de A à E.

La note de A sera attribuée pour les bons élèves ; la note E sera réservée à ceux les moins avancés en termes de responsabilité écologique.

II – Quel est l’objectif du score carbone ?

Le score carbone dans l’industrie du textile a deux objectifs :

A – Inciter les marques à travailler avec des pays vertueux – ceux qui font dans l’industrie du textile écologique

Critères non limitatifs des pays vertueux :

  • Ceux qui utilisent des matières renouvelables biologiques comme :
    • Le coton biologique (cultivé selon les principes de l’agriculture biologique (pesticides naturels, récoltes à la main), et des labels existent pour garantir que le traitement s’est fait de manière écoresponsable (écolabel, Ecocert, Eko-Gots,..).
    • Le lin (Cette matière ne nécessite pas d’eau, peu d’engrais et de pesticides (cinq fois moins que le coton !), ne produit pas de déchets, ne nécessite que très peu de traitements chimiques. Et en plus, le lin est une fibre locale. La France est en effet le 1er producteur mondial de lin.
    • Le chanvre (fibre ultrarésistante et protectrice face aux UV). Comme le lin, sa culture ne nécessite pas d’eau ni de traitements chimiques, et elle absorbe énormément de CO2. Autre avantage du chanvre : la plante pousse très rapidement, pouvant atteindre facilement 6m de haut en quelques mois.
    • L’ortie (à la fois légère et solide, sa culture ne nécessite pas d’irrigation ni de produits polluants)
  • Ceux qui utilisent des textiles recyclés ;
  • Ceux qui font de l’économie d’eau et d’énergie à tous les stades de la fabrication des textiles ;
  • Ceux qui boycottent les matières premières animales comme le cuir ou la fourrure
  • Ceux qui font du Commerce équitable selon ses 10 principes :
Principe 1 : Création d’opportunités pour producteurs économiquement désavantagés
Réduction de la pauvreté : vers une auto-suffisance économique pour les producteurs
Principe 2 : Transparence et responsabilité
Participation des producteurs aux prises de décision.
Principe 3 : Pratiques commerciales équitables
Bien-être social, économique et environnemental des producteurs
Principe 4 : Paiement d’un prix juste
Prix fixé par accord mutuel, rémunération socialement acceptable dans le contexte local
Principe 5 : Absence de travail des enfants et de travail forcé
Adhésion à la Convention des Nations Unies sur les Droits de l’Enfant
Principe 6 : Engagement à la non-discrimination, à l’égalité des genres et à la liberté d’association
Respect des droits syndicaux et rejet de toute discrimination de genre, de religion ou raciale
Principe 7 : Assurance de bonnes conditions de travail
Respect des droits du travail conformes aux lois nationales des pays et aux conventions de l’Organisation International du Travail (OIT)
Principe 8 : Développement des compétences
Promotion d’opportunités de formation pour les producteurs et travailleurs pour permettre un développement continu des connaissances.
Principe 9 : Promotion du commerce équitable
Prise de conscience sur la nécessité d’une plus grande justice dans le commerce mondial
Principe 10 : Respect de l’environnement
Dans l’utilisation des matières premières, la production, la gestion des déchets, l’agriculture et l’emballage
Les 10 principes du commerce équitable selon l’Organisation mondiale du commerce équitable (La WFTO-World Fair Trade Organization)

B – Informer les consommateurs de l’impact du textile sur la planète

La fabrication de vêtements en quantité et dans une multitude de couleurs et de tailles a des conséquences désastreuses sur l’environnement. Selon l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), il faudrait 2 700 litres d’eau pour produire un t-shirt (l’équivalent de 70 douches) et 11 000 litres pour un jean (soit 285 douches).

En 15 ans, la production textile mondiale a été multipliée par 2 ; utilisant désormais 4 % des ressources en eau potable de la planète. Elle dégagerait par ailleurs 1,2 milliard de CO2 par an, c’est-à-dire plus que les transports aériens et navals réunis.

D’après les projections, en 2050 on atteindra « 25 % de gaz à effet de serre issus de l’industrie textile » si l’on ne diminue pas notre surconsommation de vêtements et chaussures, a précisé l’Agence de l’Environnement[2].

L’industrie textile est une grosse source de pollution :

  • Pollution des eaux : La plupart des vêtements sont fabriqués en fibres synthétiques en raison de leur faible coût. Ce que l’on sait moins, c’est que lorsqu’on les lave, de fines particules de plastiques se détachent et se frayent un chemin dans nos réseaux d’eaux usées. Leur très petite taille leur permet de passer à travers les différents filtres et de finir leur course dans l’océan. Ces microparticules qui polluent les eaux sont ensuite ingérées par les animaux.
  • Ravages sur la faune et la flore océanique

III – Y-a-t-il matière à espérer pour la protection de l’environnement et les changements climatiques via le score carbone ?

Diminuer d’au moins 40% (par rapport à 1990) les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 dans un esprit de justice sociale » est l’objectif de la France.

Avec le score carbone, le changement de comportement du consommateur sera un acteur décisif de la protection de l’environnement.

Au-delà du score carbone, une prise de conscience globale de tous les acteurs de l’industrie textile sur l’indispensable nécessité de limiter les émissions de gaz à effet de serre et de protéger l’environnement sera bénéfique pour les générations présentes et futures.


[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Nutri-score


[2] – La fabrication de vêtements est plus polluante que les transports ;sur https://demarchesadministratives.fr

SABINE NDZENGUE AMOA