LA GRANDE MURAILLE VERTE ET LES ACTIVITÉS PASTORALES DES POPULATIONS: DUO OU DUEL?


Compte rendu de la conférence sur la grande muraille verte du 10 Février 2021 de 15 heures à 16 heures.

Sabine Ndzengue Amoa, Présidente de l’association ASPROBIO AGM, juriste spécialisée en droit de l’environnement entre autres, membre de la CMDE (Commission mondiale du droit de l’environnement) de l’UICN a présenté une conférence dont le thème pourrait se résumer ainsi :

Le 11 Janvier 2021, s’est tenu le «one planet summit» à Paris. Ce sommet a vu émerger diverses résolutions relatives à la protection de la planète. Parmi ces résolutions, il y a le programme «accélérateur de la grande muraille verte».

Ce programme s’inscrit dans le contexte du réchauffement climatique et de l’impérieuse nécessité de limiter les gaz à effet de serre. La grande muraille verte aura entre autres pour objectif d’absorber la masse carbone émise par les activités anthropiques.

Cependant, des interrogations subsistent relativement à son impact sur les activités pastorales des populations de cette zone du sahel.

La conférencière a abordé plusieurs points :

  • Les contours de la grande muraille verte; -l’état des activités pastorales dans cette zone du sahel;
  • les interactions entre la mise en œuvre de la grande muraille verte et les activités pastorales des populations: duo ou duel?

Les contours de la grande muraille verte

La conférence a débuté par la présentation de la grande muraille verte.Les débuts de la grande muraille verte remontent au sommet de l’Union africaine en 2007.

C’est une opération qui consiste à boiser environ 7500 km de terres arides; soit approximativement 10 millions d’hectares. Cela passe par 11 pays: Burkina Faso, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Soudan, Tchad.

Les espèces végétales utilisées pour ce boisement sont entre autres de type acacias et dattiers du désert.
Ce sont des espèces végétales adaptées aux terres arides et qui ont une forte capacité d’absorption des gaz tels le dioxyde de carbone (C02) , et le méthane (CH4).

L’état des activités pastorales dans cette zone du sahel

L’activité économique majeure dans cette zone su Sahel est l’élevage.

Le contexte actuel de l’élevage est celui du surpâturage.
Il s’agit d’une surexploitation des ressources végétales servant à l’alimentation du bétail.
Le surpâturage est le fait de laisser brouter une plante de façon trop rase. C’est à dire qu’il y a trop d’animaux pour la surface sur une longue période.
En effet,en cas de surpâturage, l’animal broutant très ras, le collet lui-même est coupé. Ce qui limite les réserves disponibles pour la repousse.
La plante a ainsi moins de réserves et pas de possibilité de photosynthèse. Elle aura le plus grand mal à reprendre une croissance. Et si cela se produit régulièrement, elle mourra.
Les plantes ne repoussent pas dans ces conditions de surpâturage dans le sahel et cela accélère la désertification.

Les interactions entre la mise en œuvre de la grande muraille verte et les activités pastorales des populations

Sabine Ndzengue Amoa a expliqué que: la mise en oeuvre du boisement via la grande muraille verte réduira une partie des aires de pâturage du bétail déjà affectées par le surpâturage.

Cela ne va pas sans solution.
Le bétail dans cette zone du sahel a et aura de moins en moins d’herbe à brouter car les herbes ne repoussent pas assez ou alors ne repoussent plus.
Sabine Ndzengue Amoa souligne qu’il faudrait au cours de la mise en oeuvre du boisement fournir aux éleveurs des graines d’acacia afin de compléter la nourriture du bétail. L’acacia, mélangé au sorgho pourra être une bonne alternative pour nourrir le bétail.
Il faudrait également trouver de nouvelles aires de pâturage durant la période de mise en oeuvre de la grande muraille verte.
La mise en oeuvre de la grande muraille verte est-elle en duo ou alors en duel avec les activités pastorales des populations?
Sabine Ndzengue Amoa a conclu en disant que: La grande muraille verte (Bien coordonnée) fonctionnera en duo avec les activités pastorales des populations de cette zone du sahel.
Cela dans l’optique de:

  • fournir de nouvelles aires de pâturage afin de pallier les zones de surpâturage;
  • octroyer des alternatives de nourriture pour le bétail grâce aux graines d’acacia entre autres afin d’anticiper d’éventuelles zones de surpâturage ou la désertification.

Documentation utile: